Charte-Manifeste / Association Nomades.Ateliers

« Unaquaeque res quantum in se est, in suo esse perseverare conatur »

Chaque chose, selon sa puissance d’être, s’efforce de persévérer dans son être. (Spinoza, L’éthique, Part III, De l’origine et la nature des affects, Propostion VI)

Nomades est un lieu axé sur la communication. Ses attentes portent, pour l’essentiel, sur des intérêts liés à la formation, à l’emploi, à la mobilité sous toutes ses formes et à la communication sociale.

Ces domaines d’intérêt constituent précisément les enjeux sur lesquels s’organiseront à la fois les modes de vie et les types de société de demain.

Au centre de ces enjeux se trouvent des options de mobilité dans tous leurs domaines: géographique, social, culturel et professionnel, elles-mêmes liées aux diverses formes de communication : l’information, la participation, les échanges, les relations, les interconnexions.

L’intégration régionale des économies crée de nouvelles formes de collaboration et d’échanges à l’échelle continentale, des nouvelles méthodes de travail, des nouvelles perspectives d’emploi.

La mobilité géographique et professionnelle devient une condition indispensable pour la constitution d’équipes multi-culturelles et multidisciplinaires.

La formation professionnelle requiert aujourd’hui une expérience et des méthodes de travail, diversifiés. Elle comporte de plus en plus fréquemment des stages dans d’autres pays. Le travail temporaire apparaît comme un composant structurel du marché du travail dans les économies occidentales.

Le développement des télécommunications dans cette dernière décennie préfigure les vastes réseaux d’information qui couvriront l’ensemble des relations économiques, sociales, culturelles et même personnelles dans la société de demain.

Le mode de vie de la population active en cette fin de siècle se nomadise et une nouvelle catégorie de professionnels apparaît, prête à assurer un mandat à Paris et un stage à Londres, partir le matin à Milan, rentrer dîner le soir à Genève.

Le mode de vie nomade requiert, paradoxalement, un plus fort encrage social, culturel et humain dans un environnement familier, générateur ou régénérateur d’identité.

Le module familial se renforce et des formes de relation nouvelles apparaissent entre des individus et des communautés, qui se reconnaissent dans leurs modes de vie, leurs valeurs et leurs intérêts divers, des correspondances et des affinités, au delà des clivages traditionnels de proximité géographique, sociale ou domestique.

Des tribus urbaines se constituent, des réseaux se créent, des nomades retrouvent leurs clans, leurs cultures, leurs identités multiples et leur village planétaire.

Genève, 14.06.2012